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Louis Aragon

Peut-être n’y a-t-il pas d’amour heureux,
Mais si je dois être malheureux, autant que ce soit avec toi. (1)

Le poème « Il n’y a pas d’amour heureux » a été écrit par Louis Aragon en 1943 et il a été publié, pour la toute première fois, en 1946 dans le recueil de poèmes La Diane Française. Aragon y exprime sa conception d’un amour absolu. Il y fait également de nombreuses références à la Résistance dont il faisait partie, notamment dans la dernière strophe. Il était d’ailleurs à Lyon, capitale de la Résistance, lorsqu’il écrit ce poème en janvier 1943, peu avant la victoire des Soviétiques à Stalingrad.

La « timbre » de Georges

Ce magnifique texte – sans doute un des plus beaux textes du XX siècle – a été mis en musique par Georges Brassens, amputé toutefois de sa dernière strophe. Plus tard, Brassens utilisera la même mélodie pour un texte de Francis Jammes qu’il proposera à Patachou. Ainsi naitra la chanson « La prière » mais c’est Patachou qui  popularisera cette nouvelle chanson alors que Brassens gardera à son répertoire la version « première » de la chanson « Il n’y a pas d’amour heureux ».

Pourquoi deux chansons sur une même mélodie ? Brassens s’en est expliqué dans une interview où il soulignait qu’au XIXème siècle circulaient des mélodies de base sur lesquels les chanteurs pouvaient faire coller les paroles qu’ils avaient composées. Ces mélodies passe-partout s’appelaient des « timbres ». Les timbres ont été utilisés jusque dans les années 50 en France, notamment par les chansonniers du Grenier de Montmartre, qui écrivaient, ou même, improvisaient des couplets d’actualité sur des airs standards, dont le public reprenait les refrains.

Nous vous proposons aujourd’hui trois interprétations assez différentes de ce monument de la chanson française. Tout d’abord, la version originale, celle de Brassens. Ensuite, une version plus lyrique, chantée par l’homme à la voix de velours, Jacques Douai. Enfin une version plus contemporaine, extraite de son album « J’ai rendez-vous avec vous! » chantée par l’interprète québécoise Renée Claude.

Source: Varia

(1) Lu quelque part sur un blogue dont j’ai perdu la référence..

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Georges Brassens – Il n’y a pas d’amour heureux (1965)

(2) Jacques Douai, le troubadour des temps modernes:

Jacques Douai (de son vrai nom Gaston Tanchon) est né le 11 décembre 1920 à Douai  d’où il a tiré son nom de scène. Il était surnommé « le troubadour des temps modernes ». Il a reçu le grand prix de l’Académie Charles-Cros à plusieurs reprises, soient en 1955, 1962 et finalement en 1968. Il s’accompagnait le plus souvent seul à la guitare.

Il n’y a pas d’amour heureux – Jacques Douai

(3) Renée Claude chante Brassens:

Le théâtre du  Petit Champlain à Québec m’avait convié, cette année-là (1993), à un concert « intimiste » avec une grande dame de la chanson québécoise, Renée Claude, pour son spectacle hommage à Georges Brassens. Pour ceux qui ne la connaîtraient pas, Renée Claude est une grande interprète de la chanson française, notamment de Brassens et de Ferré. Sa voix exceptionnelle n’avait rien perdu de sa chaleur et de son beau timbre. Lorsqu’elle a chanté la chanson « Il n’y a pas d’amour heureux », « a capella » sauf pour la finale, ce fut un grand moment d’émotion. Je me souviens encore du silence,  presque absolu, qui avait envahi la petite salle et qui donnait à la voix de Renée Claude une allure presque irréelle. Et c’est cette version de la chanson que je vous propose maintenant d’écouter.

Il n’y a pas d’amour heureux – Renée Claude (1993)

Il n’y a pas d’amour heureux

Paroles: Louis Aragon (extrait de « La diane Française »)  / Musique: Georges Brassens

Rien n’est jamais acquis à l’homme
Ni sa force, ni sa faiblesse, ni son cœur
Et quand il croit ouvrir ses bras
Son ombre est celle d’une croix
Et quand il croit serrer son bonheur
Il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n’y a pas d’amour heureux

Sa vie, elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu’on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu’on retrouve au soir désarmés incertains
Dites ces mots ma vie et retenez vos larmes

Il n’y a pas d’amour heureux

Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi les mots que j’ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n’y a pas d’amour heureux

Le temps d’apprendre à vivre
Il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l’unisson
Ce qu’il faut de malheur pour la moindre chanson

Ce qu’il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu’il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n’y a pas d’amour heureux

Il n’y a pas d’amour qui ne soit à douleur
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit meurtri
Il n’y a pas d’amour dont on ne soit flétri
Et pas plus que de toi l’amour de la patrie
Il n’y a pas d’amour qui ne vive de pleurs

Il n’y a pas d’amour heureux
Mais c’est notre amour à tous deux


Lire la biographie de Georges Brassens

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