Trenet Charles


Trenet le catalan

Charles Trenet (c’est son vrai nom – le patronyme « Trenet » signifiant « petit train » en catalan) est né à Narbonne le 18 mai 1913 et il décéde le 19 février 2001, à l’âge vénérable de 87 ans, après avoir écrit pas moins de mille chansons..

En 1920, les parents du jeune Charles divorcent. Il partage alors son enfance entre Narbonne où réside sa mère et Perpignan où habite son père, Lucien, notaire et violoniste amateur. Plus tard, Trenet évoquera d’ailleurs la féminité de Narbonne (ville de sa mère) et la masculinité de Perpignan (ville de son père). Il développe sa sensibilité au swing grâce à sa mère qui joue au piano le morceau Hindustan et écoute sur le phonographe des standards de jazz de George Gershwin.

Charles et son frère Antoine sont placés dans un collège religieux à Béziers. « L’école était libre mais pas moi » confiera-t-il bien plus tard. Le poète gardera de ses années de pensionnat le souvenir douloureux de l’absence maternelle, thème récurrent dans son œuvre (cf. Le Petit Pensionnaire, l’Abbé à l’Harmonium, Vrai vrai vrai…).

Le Fou Chantant

Surnommé « le Fou Chantant », on considère, encore aujourd’hui, Charles Trenet comme le grand réformateur de la chanson française du XXe siècle. Rompant avec la gaudriole boulevardière, le méli-mélo sentimental et le pathos noir de la chanson réaliste, Trenet n’a pas 25 ans lorsqu’à la fin des années 30 il signe une série de chansons (Y’a d’la joie, Je chante ou encore Boum ! ) qui par la fantaisie déroutante de leurs textes renvoyant directement à la poésie d’avant-garde la plus contemporaine (des Surréalistes à Cocteau en passant par Max Jacob), mais surtout l’extrême vitalité de leurs rythmes syncopés empruntés au jazz américain, révolutionnent de fond en comble le music-hall à la française hérité du « caf’conc » du 19e siècle.

La carrière internationale

S’affirmant pendant la guerre comme l’un des artistes les plus populaires de la scène hexagonale, à la fois fer de lance d’une modernité subversive à travers sa fidélité au swing (« musique dégénérée » pour les Nazis) et dans le même temps garant d’une certaine permanence de l’esprit français (c’est l’époque où il met en musique Verlaine ou La Fontaine et surtout compose Douce France, véritable hymne de la résistance intérieure à l’occupation allemande), Trenet va durant les années 50 privilégier sa carrière internationale.

Rompant en partie avec l’irrévérence joyeuse de ses débuts, il inaugure une seconde manière, plus mélancolique, qui lui permettra de devenir à l’étranger l’ambassadeur de charme d’une chanson française à la fois populaire et raffinée. Enregistrée en mars 1946, La Mer est à cet égard parfaitement emblématique de cette veine nostalgique et impressionniste. Composée sur le principe simple d’un crescendo orchestral, cette mélodie ample au lyrisme habilement répétitif est non seulement le plus grand succès de la carrière du chanteur mais l’une des chansons francophones du siècle, adaptée et interprétée dans un grand nombre de langues.

La parrain de la chanson française moderne

Après une longue traversée du désert au cours des années 60 et 70, Charles Trenet verra à partir du milieu des années 80 son répertoire repris et adapté par une nouvelle génération d’interprètes (Jacques Higelin, Carte de séjour). Finalement reconnu de façon unanime comme le parrain de la chanson française moderne, son œuvre entre au panthéon de l’art populaire du XXe siècle. Il continuera jusqu’à sa mort, survenue le 19 février 2001, d’enregistrer régulièrement de nouveaux disques et de se produire sur scène.

Source: Jalons pour l’histoire du temps présent

Charles Trenet

Chanson de Charles Trenet à écouter sur le site “J’ai la mémoire qui chante” :

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