Béart Guy


Emmanuelle Béart

C’est au Caire, en Égypte, que nait Guy Béart, de son vrai nom Guy Béhart-Hasson, le 16 juillet 1930.  Sa famille est de religion juive et ses parents ont des racines espagnoles, suisses et russes. Il est le père de l’actrice Emmanuelle Béart.

Une enfance voyageuse

Son enfance est ponctuée de déménagements autour de la Méditerranée et jusqu’au Mexique. Son père, expert-comptable, participe à la création d’entreprises. Après donc l’Égypte, la Grèce, la France, l’Amérique, c’est au Liban que la famille se fixe. Guy y demeure de l’âge de 10 à 17 ans. Cette enfance voyageuse lui vaut une vaste culture générale qui s’étend des Sciences aux Arts. Quant à la musique, elle est en bonne place dans les passions de l’adolescent. Lorsqu’il débarque à Paris en 1947, il s’inscrit immédiatement à l’École Nationale de Musique. Plutôt doué, il joue de nombreux instruments avec un faible pour les cordes (violon, mandoline).

Du béton à la chanson

Mais le jeune Béhar intègre tout aussi brillamment l’École Nationale des Ponts et Chaussées, une des plus fameuses écoles françaises d’ingénierie. Il en ressort diplômé et spécialisé dans des secteurs pointus (les cristaux, la fissuration du béton). Au début des années 50, Guy hésite longtemps entre les deux carrières : la chanson ou le béton ? La disparition de son père en 1952 le laisse un peu perdu. Il travaille dans un bureau et sur des chantiers pour faire vivre sa mère et sa sœur. À partir de 1954, il chante le soir dans les cabarets de la Rive gauche de Paris, rive gauche de la Seine où sont regroupés la plupart des lieux où tout artiste se doit de passer pour se faire un nom : la Colombe, le Port du Salut, les Trois baudets ou Bobino. Ses textes font mouche et Guy Béart devient l’employé de bureau le plus connu de la capitale. La chanteuse Patachou repère ce jeune homme timide dans son costume strict. Elle reprend très vite la chanson « Le Bal chez Temporel », suivie de près par Zizi Jeanmaire et Juliette Gréco (« Chandernagor », « Qu’on est bien ») qui commandent des titres au jeune homme.

Des hauts…

1957 est l’année où tout démarre. Le producteur artistique Jacques Canetti prend Guy Béart en main et lui fait enregistrer, avec l’aide de Boris Vian, son premier 33 tours. Difficile à convaincre, le chanteur grave pourtant sur ce premier enregistrement quelques perles de son répertoire. Le disque est couronné en 1958 du Grand prix de l’Académie du Disque Français. Dans la foulée de ce succès public et critique immédiat, il monte pour la première fois sur la prestigieuse scène de l’Olympia. Ce premier récital reste célèbre pour les fous rires et les trous de mémoire du chanteur. Mais le public chaleureux reprend en chœur ses titres déjà bien connus.

En 1960, il devient célèbre auprès du grand public grâce à la chanson « L’Eau vive », écrite pour le film du même nom. Ce titre devient un des classiques de la chanson française, de ceux qu’on apprend dans les écoles. Ses textes, un rien naïfs, séduisent un large public. Et à l’instar de Georges Brassens, les mélodies de Béart sont simples à l’écoute mais souvent complexes dans leur écriture.

…et des bas

Si Guy Béart connaît un début de carrière réussi, les années 60 et les nouvelles modes venues d’Amérique (rock’n’roll, yéyé, et autre twist) sont la cause de quelques soucis professionnels. Certains chanteurs de sa génération (Gainsbourg, Bécaud, Aznavour) passent très bien ce cap où la chanson française traditionnelle connaît une rude concurrence. Ce n’est pas le cas de Guy Béart. Les maisons de disques se désintéressent de lui, à tel point qu’il ne peut plus enregistrer. Il décide donc en 1963 de monter sa propre maison de disque autogéré, l’APAM (Auto Production des Artistes du Micro) avec l’aide de Jacques Canetti. De plus, son ancienne maison de disques, Philips, refuse de lui rendre les droits de ses chansons. Le procès durera jusqu’en 1978 ! À défaut de réussir dans la chanson, Guy Béart créé une émission pour la télévision qui va devenir extrêmement populaire au cours des années 60, « Bienvenue ». De 1963 à 1970, il reçoit sur son plateau de nombreux artistes du monde du spectacle et des arts. Ce dernier en profite d’ailleurs pour continuer à faire connaître ses propres chansons. En 1965, sa compagne Geneviève Galéa donne naissance à leur fille Emmanuelle qui, vingt ans plus tard, deviendra une des actrices françaises les plus célèbres dans le monde.

Artiste à l’esprit scientifique, il s’intéresse à de nombreux thèmes aussi divers que l’architecture, la philosophie, l’amour ou la religion. Il ne cesse d’écrire et son inspiration court toujours autant de la tradition la plus classique (« Les Chansons gaies des belles années », 1982) au futurisme le plus abstrait (« Futur-Fiction-Fantastique », 1977) en passant par l’actualité la plus chaude vaguement empreinte de mysticisme (« Les Nouvelles Chansons », 1978). En 1976, la poésie des chansons de Guy Béart séduit un couple de grands comédiens français, Madeleine Renaud et Jean-Louis Barrault. Ils décident ensemble d’enregistrer un album dans lesquels les deux acteurs lisent un choix de 31 textes.

Éclipse

Un cancer l’éloigne de la scène pendant plusieurs années , mais il revient en 1985, avec un titre plein d’espoir, Demain je recommence. Il donne des concerts jusqu’en 1999 et sort en 2010 un nouvel album « Le meilleur des choses! faisant référence à ses dernières « années de vache maigre » pendant lesquelles il a dû vendre un appartement et de nombreux meubles .

Le retour

« Il est temps »

En 1994, Guy Béart est distingué par l’Académie française, qui lui décerne la grande médaille de la chanson française (médaille de vermeil) pour l’ensemble de ses chansons. Il faudra toutefois attendre 1995 et la sortie de son album  ‘Il est temps’ pour que Guy Béart renoue enfin avec la popularité.

Cet infatigable poète, à la voix de velour, aura donc lègué à la postérité un héritage très impressionnant de chansons (Wikipedia fait état de 260 titres de chansons publiées), bien qu’une partie de son oeuvre soit relativement méconnue.

Sources: RFI Musique , Wilipedia , Guy Béart l’intemporel (Le Monde) Guy Béart, (Évene)

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Citation(s)
  • «Et puisqu’en tout cas on est malheureux, autant que ce soit parce qu’on est amoureux.»

[ Guy Béart ]

Chanson de Guy Béart à écouter sur le site “J’ai la mémoire qui chante” :
  • Guy Béart – L’eau Vive
  • Guy Béart – Vous
  • Guy Béart – Qu’on est bien


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commentaires
  1. Kezia dit :

    J’ai eu le privilège de le voir à l’Olympia à Paris pour ses adieux à la scène. 4 heures d spectacle inoubliable. J’écoute toujours ses chansons et quand j »écoute « Ses meilleurs amis » je me demande de qui il parle, le savez-vous ?

  2. Bertet dit :

    Je chante Béart depuis 1965…Je l’ai chanté et le chante dans beaucoup d’endroits, onze fois
    à Vaison la Romaine au festival Brassens, puis six fois à Berlin Basdorf toujours pour un festival
    Brassens; j’ai enregistré un CD « Hommage à Guy Béart » et il m’a téléphoné gentiment pour me dire
    sa satisfaction de mon interpretation…Un sacré souvenir ! Un grand merci pour toute son oeuvre, sa disparition est une grande perte mélodique et poétique. Michel Bertet

  3. Nadinou64 dit :

    Une petite pensée pour ce « grand » monsieur de la chanson française, pas assez reconnu à mon sens, qui vient de nous quitter …
    Toutes vos chansons sont belles, monsieur Béart !

  4. potey regine dit :

    Merci vous avais bercer l anfance a ma maman qui a la maladie d adzameur vous ete un des chanteur ou elle ce rappelle de vos chanson merci pour elle

  5. eriklebelge dit :

    maintenant il fait partie de nos chers disparus , un très grand chanteur

  6. angersd dit :

    Merci beaucoup Pierre pour votre site. Que de souvenirs les chansons de Béart font remonter à la surface ! C’était la jeunesse !

  7. chioccarello dit :

    Bonjour
    Quand je dis avoir travaillé avec vous je parle de guy Béart bien sûr..
    votre site,Pierre, est dans mes favoris…
    Amicalement, Jean claude

  8. marieclaire .laurent dit :

    Bonjour et bravo pour votre site: »J’ai la mémoire qui chante », c’est tellement vrai ! Les chansons marquent des évènements de la vie s’en même qu’on y prennent garde! C’est après seulement qu’on se dit:ah oui cette chanson que mon père me faisait entendre … Chaque dimanche mon père chantait avec nous . (Il achetait alors les chansons :paroles musique) qui se vendaient sous forme de feuillet double) De « la petite diligence » au « jupon de Lison » en n’oubliant pas » le petit bonheur » et bien d’autres , nous en avons chanté des belles chansons ! Plus tard , c’est lui qui me fit entendre à la radio les premières chansons de monsieur Béart :tendres, mélodieuses, fantaisistes, toutes ses chansons retenaient son attention . Il n’eut pas beaucoup de mal à me faire partager ses goûts pour les chansons de Guy Béart.

    J’ai lu la biographie que vous accordez à ce grand auteur-chanteur-compositeur . C’est très dommage , à mon avis , que vous n’évoquiez pas son album « il est temps » qui comporte de merveilleuses chansons .

    J’ai transmis à mes enfants ,à mes petit-enfants ,à d’autres enfants que j’accueille le goût des mélodies de GUy Béart. Pour eux en effet « ,l’eau vive » est certainement porteuse de souvenirs délicieux passés avec leur grand’mère .

    En tous cas merci pour votre travail .
    Marie-Claire Laurent

    • Bonjour à vous aussi, Marie-Claire, et merci d’avoir pris le temps de rédiger ce beau commentaire où vous évoquez vos souvenirs « de chansons »….
      Je partage tout à fait votre attachement aux chansons de Guy Béart et, en réponse à la demande d’une autre « auditrice » du site « J’ai la mémoire qui chante », je m’apprête à publier une page double avec deux chansons de Guy sur la même page, soient « Qu’on est bien » et « Vous ». Je me dois d’ajouter que ces deux chansons font aussi partie de mon propre « répertoire sentimental » à cause des souvenirs et des émotions qui y sont étroitement associés.

      Quand à l’absence de l’album « il est temps » de la biographie, je m’en excuse mais dans la rédaction d’une biographie, j’essaye d’élaguer un peu en sélectionnant les éléments principaux de la vie de l’auteur-comositeur et la liste des albums ou des chansons que je mentionne au passage est très loin d’être exhaustive. Et c’est volontaire. Peut-être faudrait-il que j’ajoute une telle liste en dessous de la bio. Si jamais votre intérêt devait être partagé, je le ferai.
      A tout événement, je vais faire une recherche sur cet album et ajuster mon texte en conséquence.

      Pierre Lavallée

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