La Marie-Joseph – Stéphane Golmann

Publié: 23 janvier 2015 dans Chanson, Chanson française, Chanson québécoise, Golmann Stephan
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Stéphane Golmann est un auteur, compositeur et interprète français qui a connu son heure de gloire à la fin des années 50. Né en 1921 à Montrouge (France) il a également été traducteur et journaliste. Venu s’établir au Québec, à la fin des années 60, il y est décédé en 1987.

Issu d’un père russe ashkénaze, ingénieur des mines et d’une mère liégeoise, Stéphane Golmann passe son enfance en Tunisie. En 1934, la mort de ses parents le fait rentrer en France. Après des études à la Sorbonne puis à l’école d’ingénieur mécanicien de Rochefort, l’Occupation l’oblige à quitter la France. Il passe alors en Angleterre, où il s’engage dans la Marine britannique. Il participera d’ailleurs au débarquement en Afrique du Nord en 1943.

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Pionnier des auteurs-compositeurs:

Aglaé

Stéphane Golmann s’intègre progressivement à la vie parisienne en fréquentant Saint-Germain-des-Prés. Guitariste, il entre en 1946 au Théâtre de la Gaîté-Montparnasse en tant qu’accompagnateur.  Pionnier des auteurs-compositeurs du Quartier Latin, il se fait rapidement une place parmi les personnages marquants de l’époque, interprétant un répertoire de chansons à texte,  toujours accompagné de sa fidèle guitare qu’il a baptisée « Aglaé » (nom emprunté à la chanteuse québécoise Aglaé).

La notoriété

En 1951, Yves Montand reprend une chanson créée par Stéphane Golmann,  « Actualités », chanson qui sera reprise l’année suivante par Les Frères Jacques, qui la populariseront.  En 1954, Juliette Gréco reprend sa chanson « C’est à s’aimer ». En 1955, il passe en vedette américaine à Bobino avec Roger Pierre et Jean-Marc Thibault.  À partir de là, sa présence à Paris devient sporadique, il s’est installé à Londres et il réapparaît furtivement en avril 1957 pour l’enregistrement de son troisième disque sous l’étiquette Erato avant de disparaître définitivement de la scène.

L’éclipse:

On sait qu’en 1959, il tient des fonctions au ministère des Affaires étrangères britanniques, qu’en 1963 il est au secrétariat des Nations Unies et qu’il enseigne le français à New-York. Sans nouvelles de lui à Paris, on le croit mort, une rumeur le fait devenir clochard, on ne parle plus de lui qu’au passé… Stéphane Golmann réapparaît en 1967 et on apprend qu’il vient de se marier à Saint-Laurent sur l’Île d’Orléans où il s’est installé.

En octobre 1986, à la tête d’une agence de presse franco-québécoise, il revient à Paris, bien vivant, pour demander la réédition de l’intégrale de ses 33 tours Le vendredi 10 avril 1987, il décède subitement d’une crise cardiaque à son domicile de Québec (ville) (1).

Je vous propose d’écouter sa chanson la plus connue, « La Marie-Joseph« . Cette chanson qu’il a lui-même interprétée, sera aussi reprise par les célèbres Frères Jacques qui lui donneront toute sa notoriété.

 (1) Source: Wikipedia

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La Marie-Joseph / Stéphane Golmann

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La Marie-Joseph

Paroles de la chanson:

(Paroles et musique: Stéphane Golmann)

Ça nous a pris trois mois complets
Pour découvrir quels étaient ses projets
Quand le père nous l´a dit, c´était trop beau
Pour les vacances nous avions un bateau
{Refrain:}
D´un bond d´un seul et sans hésitations
On s´documente sur la navigation
En moins d´huit jours nous fûmes persuadés
Que la mer pour nous n´aurait plus de secrets
{Refrain:}
Encore heureux qu´il ait fait beau
Et qu´la Marie-Joseph soit un bon bateau
Encore heureux qu´il ait fait beau
Et qu´la Marie-Joseph soit un bon bateau
Le père alors fit preuve d´autorité
« J´suis ingénieur, laissez-moi commander »
D´vant le résultat on lui a suggéré
Qu´un vrai marin vienne nous accompagner
{au Refrain}
Alors j´ai dit : « j´vais prendre la direction
Ancien marin, j´sais la navigation »
J´commence à croire qu´c´était prématuré
Faut pas confondre Guitare et Naviguer

{au Refrain}
Au bout d´trois heures de notre exhibition
L´un d´nous se r´lève avec stupéfaction
Car on s´était pas beaucoup déplacé
Rapport à l´ancre qu´on n´avait pas r´montée

{au Refrain}
Côté jeunes filles, c´était pas mal
Ça nous a coûté l´écoute de grand-voile
En la coupant Suzon dit : « J´me rappelle
Qu´un d´mes louv´teaux voulait de la ficelle »

{au Refrain}
Pour la deuxième fallait pas la laisser
Toucher la barre ou même s´en approcher
Car en moins d´deux on était vent debout
« J´aime tant l´expression, disait-elle, pas vous? »
{au Refrain}
Quand finalement on a pu réparer
Alors on s´est décidé à rentrer
Mais on n´a jamais trouvé l´appontement
Car à minuit on n´y voit pas tellement.
{au Refrain}
On dit : « Maussade comme un marin breton »
Moi j´peux vous dire qu´c´est pas mon impression
Car tous les gars du côté d´Noirmoutier
Ne sont pas prèts d´arrêter de rigoler!
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Les Frères Jacques interprètent « La Marie Joseph »
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Quelques autres chansons à écouter sur « J’ai la mémoire qui chante » :

Liste complète des chansons déjà publiées sur cette page

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commentaires
  1. […] premiers auteur-compositeur-interprète qui s’accompagnait à la guitare : La Marie-Joseph, Cliquez ici ! Tous les […]

  2. Poirier jean claude dit :

    merci pour votre réponse et de l’envoi de « revendication…. » pas sa meilleure chanson mais originale comme »le cheval dans la baignoire ».petite information : en 2015 la chanteuse d’origine québécoise Klô Pelgag pour 2014 a obtenu le prix Barbara.

  3. Poirier jean claude dit :

    J’ai découvert à 17 ans en1958 Stéphane.Sa chanson »Revendication d’un nouveau- né »
    en étonnera plus d’un.Aglaé était,je crois l’épouse du chanteur Roche du célèbre duo Roche-
    Aznavour…

  4. A.Dion dit :

    Salut Pierre,

    Je n’avais jamais entendu parler de Stephan Golmann. Comment fais-tu pour dénicher tous ces auteurs ?

    Merci beaucoup,

    Armand

    • J’ai peu de mérites dans le cas de Stéphan Golmann puisque je le connais depuis le tout début des années 60. Je connais par cœur quelques une de ses chansons parmi les plus connues ayant eu l’occasion de les entendre à la radio ou de les fredonner.

  5. Benjamin Herrera-Chaves dit :

    Merci encore Pierre pour me faire connaître un autre auteur-chanteur francophone dont je n’avais pas la moindre idée. Depuis la Colombie je te souhaite une bonne année 2015.

  6. Francine - SFR dit :

    Merci de remettre « à l’honneur » de telles perles de la chanson française, hélas si souvent méconnues des interprètes nouvelle génération…& qui font pourtant partie du patrimoine historique du Répertoire! Les Frères Jacques restent au sommet de mon petit Panthéon personnel. Un régal! On peut encore tout apprendre à les écouter et regarder! Ravie d’avoir découvert l’interprétation de l’auteur Stephan Golmann; bien cordialement, Francine Elzière

    Envoyé de mon iPhone

    >

  7. Denis Fröchen dit :

    Bravo pour faire renaître Stéphane Golmann, dont ma jeunesse s’est abreuvé ! Etant assez maniaque de précision, je me permets de corriger quelques erreurs wikipédiesques… Stéphane Golmann n’a jamais eu d’heure de gloire, juste une petite notoriété à Saint-Germain-des-Prés au début (pas à la fin) des années 50, plus grâce à quelques interprètes que grâce à lui-même. Sans doute l’étrangeté de sa voix et la sobriété de ses accompagnements à la guitare déconcertaient le grand public. Seules deux chansons de lui ont atteint le grand public : Actualités, par Yves Montand, les Quatre Barbus, Marc & André (mais pas les Frères Jacques) et la Marie-Joseph par les Frères Jacques et Marc & André. Ceux-ci chantèrent aussi Jean de Honfleur, Catherine Sauvage La conscience, Juliette Gréco C’est à s’aimer, plus tard Miriam Makeba Le fleuve et James Ollivier L’art de la guerre. Du vivant de Stéphane Golmann on put l’entendre dans 60 chansons : 38 chansons chez Erato (qu’on peut trouver sur le Store d’iTune) : 12 en 1952 (Ma guitare et moi, 33 tours 25 cm), 11 en 55 (La cigale et la coccinelle, 33 tours, 25 cm), 6 en 1955 (Je crois en toi, 45 tours); et 12 chez Bel-Air en 1964 (Les juifs, 33 tours, 25 cm). Après sa mort on put entendre 8 inédits grâce aux compilations sorties en CD au Canada chez Amplitudes (5 inédits) et aux Oiseaux de Passage (3 inédits). Je possède tous ces vinyles et tous ces CD et suis prêt à les envoyer en mp3 par WETRANSFER à qui les veut. Enfin, j’ajouterai qu’Aglaé est un vieux et pittoresque prénom et qu’il me semble que Stéphane Golmann avait baptisé ainsi sa guitare avant que la chanteuse canadienne ait été connue en France (1952).

    • Je dois, à mon tour, me permettre de vous corriger mon cher Denis puisque son « heure de gloire » Stéphane Golmann l’a connue au Québec au tournant des années 60. C’est d’ailleurs à cette époque où j’ai moi-même entendu pour la première fois plusieurs de ses chansons. On l’a vu et entendu chanter à la télévision; il a donné plusieurs entrevues et fait la tournée des boites à chansons. Bref il faisait partie du renouveau en chansons que connaissait alors le Québec avec les Jacques Blanchet, Claude Gauthier, Pierre Létourneau, Claude Léveillée (qui revenait de Paris) et Gilles Vigneault. Ce n’est donc pas par hasard s’il choisit le Québec pour s’y établir en 1967 puisque le Québec fut, en quelque sorte, une terre d’accueil pour lui, une décennie plus tôt..

      Quant à Aglaë, il aura amplement le temps de la connaître à Paris ou à son retour au Québec en 1963.
      Rappelons que la chanteuse Aglaë vivra à Paris de 1952 à 1963, où elle atteindra le sommet de sa popularité. Avec Michel Legrand, elle y enregistrera notamment une chanson de Lionel Daunais, intitulée « Aglaé », qui connut un tel succès que Félix Leclerc, lui-même, lui conseillera de prendre ce nom de scène.

      Pour « assouvir » la curiosité des abonnés de ce blogue, voici d’ailleurs cette chanson qui allait transformer comme par magie, la carrière de la toute menue Jocelyne Deslongchamps en celle de la chanteuse « Aglaë »

  8. Yves Delforge dit :

    Une de mes premières découvertes de la chanson francophone, à peu près à la même époque que Nicole Louvier et bien sûr… Georges Brassens.

    • Au Québec nous l’avons découvert au tout début des années 60 et c’est à cette époque que j’ai personnellement entendu pour la première fois ses chansons. Comme je l’ai précisé dans un commentaire précédent, on l’a d’abord vu et entendu chanter à la télévision et ensuite il a fait une tournée des boites à chansons que fréquentait alors les Jacques Blanchet, Claude Gauthier, Pierre Létourneau, Claude Léveillée (qui revenait de Paris) et Gilles Vigneault.

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