Giani Esposito – Le Clown

Publié: 12 novembre 2011 dans Chanson, Devos Raymond, Esposito Giani, Ionatos Angelique, Sèvres Christine
Tags:, , , , , , , ,

Pour lire les commentaires sur cet article cliquez ici

Giani Esposito: Un clown dans le désert

Mais parfois parmi nous un chant d’amour s’élève
qui guérit le malade et nous rend l’espérance,
le chant des incompris, la voix pourtant si claire
de ceux qui ont vécu, de ceux qui ont souffert
avec humilité, avec intelligence,
et un monde s’éveille où règne la lumière.

(Giani Esposito, in Amoureux et savants)

C’est une chanson qui m’a littéralement jeté par terre que je vous invite maintenant à écouter. Chanteur atypique, s’il en est un, le comédien Giani Esposito a connu son heure de gloire, à la fin des années 50, avec sa chanson « Les Clowns »(1). Avec cette voix si particulière qui se situe quelque part entre le gémissement et désespoir, il ose aborder avec sa chanson le thème universel du destin « tragique » du « comique » incompris. Luc Bérimont disait de lui : « Giani Esposito campe à l’ultime frontière reculée de la chanson« .

L’éternel second rôle du cinéma français

Pour ceux et celles qui ne connaîtraient pas Giani Esposito, rappelons que Gianni Sandro Esposito est né en1930 en Belgique, d’une mère française et d’un père italien. En tant que comédien, il devient, dès 1952, l’un des éternels seconds rôles du cinéma français (notamment dans French Cancan). Lors de ses débuts dans la chanson, il passe à La Rose Rouge et à L’Écluse. Le succès vient avec sa chanson Le Clown en 1957.  Plus tard, au début des années 70, il fait la rencontre Ersie Pittas, la nièce du metteur en scène grec Cacoyannis (réalisateur de Zorba le Grec) qui étudie à Paris l’histoire de l’art et la danse. Il quitte son épouse Pascale Petit et sa fille Douchka Esposito pour s’installer avec Ersie dans un studio à Saint-Germain-des-Prés. Ils montent ensemble un spectacle dans lequel il dit des poèmes et chante tandis que Ersie danse. Ils seront d’ailleurs en tournée pendant près de deux ans avec ce spectacle. Atteint d’une hépatite virale, Giani Esposito meurt, prématurément, le 1er janvier 1974 à Neuilly-sur-Seine à l’âge de 43 ans.

Quatre interprétations bouleversantes

Je vous propose, ci-dessous, quatre interprétations de cette magnifique et émouvante chanson. La première, cela va de soi, par son auteur à la voix si particulière Giani Esposito. Ensuite, qui d’autre que Raymond Devos pouvait se permettre d’interpréter cette chanson en se l’appropriant et en l’intégrant dans ses spectacles; nous l’écouterons donc dans une vidéo qui reprend en fond de scène quelques uns de ses numéros les plus connus. Ensuite une très, très, belle interprétation, en audio seulement, de la même pièce chantée cette fois par une voix féminine, en l’occurrence, la chanteuse française (et première épouse de Jean Ferrat), Christine Sèvres.Et enfin, grâce à ce cher Melocoton toujours aussi prodigue dans ses commentaires et ses suggestions d’écoute, je ne peux résister à l’idée d’ajouter la version chantée par la douce Angélique Ionaltos dont l’interprétation est tout simplement bouleversante.

Source: Giani Esposito

Giani Esposito, La traversée de l’absolu

________________________________________________________________________________________________

(1) La version originale de la chanson s’intitulait « Les Clowns » au pluriel mais son titre est le plus souvent cité au singulier

« Les Clowns » (1957) (1)
Par Giani Esposito (1930-1974).
Paroles et musique de l’interprète.

Raymond Devos – « Le Clown » (1)

Le Clown – Christine Sèvres


Le Clown – Angelique Ionaltos

(Album  » Comme un jardin la nuit » )
Mar 2009


Les Clowns – Giani Esposito Paroles et musique (1957)

S’accompagnant d’un doigt
ou quelques doigts
le clown se meurt
S’accompagnant d’un doigt
ou quelques doigts
le clown se meurt
sur un petit violon
et pour quelques spectateurs
sur un petit violon
et pour quelques spectateurs

Ma chè n’ha fatto de male
sta povera creatura
ma chb c’iavete da ridere
et portaije iettatura !

D’une petite voix comme
il n’en avait jamais eue
D’une petite voix comme
il n’en avait jamais eue
il parle de l’amour
de la joie, sans être cru

Se voi non comprendete
si vous ne comprenez pas
Se voi non comprendete
si vous ne comprenez pas
almeno non ridete
au moins ne riez pas !
almeno non ridete
au moins ne riez pas !

Ouvrez donc les lumières
puisque le clown est mort
Ouvrez donc les lumières
puisque le clown est mort
et vous applaudissez
admirez son effort
et vous applaudissez
admirez son effort.


* * *

Nous avons besoin de votre soutien !

Cliquez sur ce lien et faites un don  pour nous aider à garder ce site vivant.


Abonnez-vous au site « J’ai la mémoire qui chante » et contribuez à la promotion de la grande et de la belle chanson d’expression française !

EN VOUS ABONNANT TOUT À FAIT GRATUITEMENT AU SITE « J’AI LA MÉMOIRE QUI CHANTE », VOUS NE COUREZ ABSOLUMENT AUCUN RISQUE sauf celui d’être informé, dès la parution d’une nouvelle chanson !

Pour ce faire, il vous suffit tout simplement d’entrer votre adresse courriel (votre email) en utilisant le formulaire d’abonnement  que vous trouverez, au bas de la présente page !

Si vous aimez les chansons de mémoire, vous pouvez aussi vous joindre au groupe Facebook « J’ai la mémoire qui chante » où des amoureux de la grande chanson d’expression française, comme vous,  échangent, discutent et proposent quotidiennement l’écoute de chansons ayant laissé leur marque dans nos souvenirs.


commentaires
  1. Bonjour, je ne cesse de chanter ou fredonner cette chanson depuis que je l’ai découverte par hasard il y a moins de quinze jours alors que je cherchais à visionner des vidéos de clowns…les paroles, la mélodie, les voix, tout me bousculle. Quelqu’un aurait-il la partition pour violon ou flûte à bec et si oui, cette personne pourrait-elle me l’envoyer ? Je vous remercie et je remercie l’auteur de ce site aussi, belle découverte. Marielle

  2. ALLAIN dit :

    cette chanson est pour moi un chef-d’oeuvre de la chanson ,non seulement française mais également internationale.Giani ESPOSITO je l’ai entendu chanter lorsque j’avais dix ans et impréqné son visage dans ma mémoire quand j’ai vu « LES MISERABLES » au cinéma .Il est toujours gravé en moi .LE CLOWN ou LES CLOWNS est une très belle chanson que je ne cesse de fredonner tant elle me passionne ,mais devant ce texte qui me bouleverse « rallumons les lumières ….même un samedi matin tout noir.pour nous rappeler cet artiste chanteur majeur qui était une belle personne.Je suis heureux que DOUCHKA reprenne les chansons de son père et attend avec impatience la sortie de son album.J’adore DOUCHKA depuis toujours car elle fait partie de cette famille d’artistes que j’aime.Je t’embrasse très fort DOUCHKA ainsi que ta Maman et toute ta famille.Je voulais signaler que toutes les versions chantées par divers artistes ,de cette chanson sont prodigieuses car chantée par de véritables chanteuses et chanteurs d’immense talent et puis la chanson est fabuleuse. ALLAIN

  3. Annick M. dit :

    Bonjour, j’aime cette chanson depuis la première fois que je l’ai entendue alors que j’étais très, très jeune ; c’était au printemps 1958, j’en suis sûre. Au cours d’une émission de variétés à la télévision (unique chaîne en noir en blanc). Je ne connaissais pas encore Giani Esposito et ignorais qu’il en était l’auteur. L’interprète de ce soir-là n’était sûrement pas lui ; c’était un chanteur plus âgé. Je ne sais pas si on pourrait retrouver aujourd’hui qui c’était… En tout cas, cette chanson m’avait bouleversée. J’ai beaucoup aimé aussi, plus tard, donc, l’interprétation de son auteur (merveilleux acteur, en plus, que j’apprécie tout particulièrement dans un film de Rivette : « Paris nous appartient »). Elle reste à ce jour ma préférée, même si les autres sont bonnes (j’avoue que j’aime un peu moins Anne Vanderlove, je ne sais pas pourquoi ; elle a une belle voix, mais peut-être qu’elle en fait trop, enfin, pour moi). Je trouve que Douchka est excellente, avec un (tout petit) bémol ; elle ne « tient » pas très bien, à la fin, la partie plus haute, où on change de registre, sans parole (je ne sais pas comment on peut appeler ça ; changement d’octave ?), mais bon, vous voyez ce que je veux dire, et vous devez penser que je « cherche la petite bête ». C’est seulement une minuscule faiblesse technique, et c’est bien quand même ! Il y a la beauté de la voix et l’émotion.

  4. Douchka ESPOSITO dit :

    Bonjour à vous tous mes ami(e)s,

    Tout avance… Comme vous le savez, l’album « Au Fond du Cœur » est prêt. Il est réalisé et produit en intégralité ! Le master pour la fabrication est finalisé… Le résultat est très beau. J’y ai mis force et émotion, amour et passion…

    Aujourd’hui, je vous sollicite pour donner une chance supplémentaire au lancement de ce nouvel opus qui me tient tant à cœur. Pour accompagner la sortie du 1er single qui sera ce titre incontournable : « LE CLOWN », je fais appel à votre générosité pour que l’on puisse en un temps record réunir les fonds nécessaires pour pouvoir tourner LE CLIP dont j’ai écrit le synopsis et qui me permettra de soutenir LA PROMOTION de cette nouvelle actualité discographique qui je l’espère vous plaira tout autant qu’à moi…

    Soyez certain(e)s que je suis très heureuse, ce jour, de vous retrouver autrement… !

    Je vous embrasse tous très fort !
    Merci d’avance pour votre soutien …

    Douchka ESPOSITO

    Je vous attends ici :
    http://fr.ulule.com/douchka-esposito/

    • Merci et bonne chance à vous Douchka !

      Je me permets d’ajouter que la chanson « Le clown » est une chanson qui est dans une classe tout à fait à part. A chaque fois que j’ai dans la passé, diffusé cette chanson, ce fut presque inévitablement la plus écoutée de toutes. Je ne connais que peu de chansons qui provoquent une telle émotion chez ceux et celles qui l’écoute.. Il y a peut-être « L’Écharpe » de Maurice Fanon et cet extraordinaire « Clown » de votre père.

      Pierre
      Animateur du site « J’ai la mémoire qui chante »

  5. Daniel Duret dit :

    Il est difficile de limiter cette chanson à un seul manque de compréhension du public pour un comique…

  6. Je me suis permis d’ajouter en commentaire une version que, personnellement, je ne connaissais pas et qui m’a été suggérée par Aveline A. sur Facebook. Cette interpréation est très particulière puisqu’elle est chantée par Douchka, la fille de Giani Esposito (et fille de la comédienne Pascale Petit). Un moment vraiment émouvant pour Doushka et pour nous qui l’écoutons:

  7. bernard xavier dit :

    un parfum d’enfance retrouvé,j’ai 61 ans j’adorerai reprendre la guitare pour « jouer » ce clown…merci me communiquer les accords
    cordialement
    bernard

  8. radegonde dit :

    meilleure interprétation car elle correspond au temps de mon adolescence…

  9. deguines corinne dit :

    et la meilleure interprétation emplie de sensibilité et de fragilité est pour moi celle de Jeanne-Marie Sens.

  10. danoue dit :

    Quelle belle chanson que je ne connaissais pas! Je ne peux préférer une des interprétations parce que chacune des voix donne une couleur spéciale à la chanson.

    merci. J’ai toujours hâte de découvrir la sélection à chaque semaine.

  11. Lise dit :

    C’est avec la larme à l’oeil que le  »Pierrot » s’acharne à nous faire rêver; pourquoi faut-il rire ? Nous applaudissons le poète et vive le clown !

  12. Un partageux dit :

    Autour de 1970 j’étais lycéen et j’avais affiché une photo de Giani Esposito sur la porte de mon casier d’interne. Mes camarades ne juraient guère que par le rock de groupes bien oubliés aujourd’hui. Hormis un autre frappadingue qui s’intéressait à Jean Ferrat, Colette Magny, Leny Escudero et consorts, ils ne connaissaient pas Giani Esposito.

    Parmi les gens que j’écoutais à cette époque il y avait aussi Jean-Max Brua dont je serais fort heureux que la mémoire qui chante nous ressorte de l’oubli quelque grande chanson.

    • Merci à vous pour cette découverte.. et bien non, je ne connaissais pas Jean-Max Brua. Mais je viens de le découvrir grâce à vous en lisant quelques notes biographiques sur lui et en écoutant la chanson que vous trouverez sur cette page et que je me devais, à mon tour, de partager avec les auditeurs du site « J’ai la mémoire qui chante ».

      Quand j’étais étudiant sans doute au même niveau que vous (bien que cela fasse un siècle, dans mon cas) j’avais également une grande fascination pour le comédien Giani Esposito que je ne connaissais qu’au cinéma. J’ai tout oublié des films ou des personnages qu’il a personnifiés. Mais je me suis toujours souvenu de son regard… Un regard comme on en voit jamais dans la vie et fort peu au cinéma, un regard empreint de douceur mais en même temps d’une infini tristesse…

      • Un partageux dit :

        Pierre,

        Heureux de bous avoir permis de découvrir Brua. Je vous recommande chaudement l’écoute de « Rue Château la pompe » de Yannick Saulnier, un disque paru en 2004 chez Saravah, qui reprend de façon magnifique « Mon bateau de nuit » une autre chanson de Brua. Je gage que le reste de la Rue vous plaira tout autant. Figure notamment dans ce disque « La Tamise », texte de Bernard Dimey et musique de Saulnier, qui est un joyau et je pèse mes mots à l’aune de L’homme de Brive…

  13. eb5ef96v dit :

    Bonjour tout le monde,

    On est un petit pays partagé par deux langues et on est un pays d’immigration alors fatalement, chez nous deux chanteurs sur trois sont italiens, grecs ou polonais et c’est très bien ainsi car on les aime et on les regrette énormément lorsque… s’accompagnant d’un doigt ou quelques doigts… ils lâchent la rampe aussi jeune que ne l’a fait Giani Esposito.

    Merveilleuse chanson que le hasard de mes découvertes musicales m’a remise récemment en mémoire avec une très, très belle reprise de la chanteuse grecque Angélique Ionatos

    http://www.4shared.com/audio/MAlv2gKF/09-Le_clown.html

    et puis en effectuant une petite recherche, je me suis retrouvé dans le répertoire d’Anne Vanderlove avec une version qui m’a toutefois beaucoup moins ému.

    http://www.4shared.com/audio/Fq-8KcoB/15_-_Le_clown.html

    Sinon, juste un petit complément d’information, la regrettée Christine Sèvre qui est décédée en 1981 était la première épouse de Jean Ferrat, Colette étant celle qui l’a accompagné jusque sa mort.

  14. jaku dit :

    un samedi matin tout noir… éteignez les lumières…

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s